23 mars 2026

par Peter Hänseler
En Occident, on couvre les crimes des sionistes et d’Israël en qualifiant d’antisémite quiconque ose les critiquer. Cette posture occulte une réalité fondamentale : l’antisémitisme n’est pas ce que les sionistes combattent — c’est ce qu’ils cultivent, car il leur fournit la justification dont ils ont besoin pour poursuivre leurs crimes.
Introduction
L’Occident collectif, qui soutient sans réserve la guerre de destruction menée contre l’Iran, prétend que quiconque élève la voix contre les sionistes et Israël est un antisémite qui doit être puni. Cette stratégie est non seulement malveillante : elle est aussi contre-productive. En brandissant l’accusation d’antisémitisme pour neutraliser toute critique d’Israël, elle favorise exactement ce qu’elle prétend prévenir — l’amalgame entre les actes d’un gouvernement et le judaïsme dans son ensemble.
Celui qui, faute de cette distinction, assimile la politique d’Israël au judaïsme lui-même se trouve presque inévitablement entraîné vers des positions antisémites — d’autant plus que le débat public occidental, souvent dépourvu de nuance, n’offre guère de résistance à cette dérive. Cette tendance est alimentée par les définitions délibérément vagues de l’antisémitisme, du judaïsme et du sionisme, ainsi que par les distinctions entre eux. Ces définitions, qui brouillent les frontières entre ces concepts, constituent le fondement même sur lequel l’Occident agit de toutes ses forces et porte des jugements, en particulier en Allemagne.
Et ainsi, la boucle est bouclée. Les sionistes ont besoin de l’antisémitisme pour pouvoir se présenter comme ses victimes et l’utiliser afin de promouvoir et d’atteindre leurs objectifs criminels.
Quelques réflexions sur un sujet que l’on s’efforce, par tous les moyens, de soustraire à la discussion rationnelle.
Sionisme, Israël, judaïsme
Le judaïsme est l’ensemble de la culture, de l’histoire, de la religion et des traditions du peuple juif et existe depuis environ 4 000 ans (voir également notre discussion sur ce sujet dans «Judaïsme, sionisme, antisémitisme et Israël : utilisation abusive des termes«d’octobre 2023).
Le sionisme est un mouvement politique qui existe sous une forme organisée depuis le premier Congrès sioniste à Bâle en 1897. Ce mouvement n’a rien à voir avec le judaïsme ; il a plutôt été fondé par le journaliste viennois Theodor Herzl, un homme totalement non religieux. L’objectif initial de ce mouvement politique était la création ou la proclamation de l’État d’Israël, ce qui a été réalisé en 1948. Aujourd’hui, l’objectif du sionisme est la création du Grand Israël, destiné à dominer la majeure partie du Moyen-Orient. Quel sera l’objectif après cela ?
Theodor Herzl a fait la déclaration suivante :
«Les antisémites deviendront nos amis les plus fidèles, les pays antisémites nos alliés.» Theodor Herzl, 1896
L’idée que les juifs sont menacés est un élément central du plan directeur sioniste. Les sionistes se cachent derrière l’antisémitisme et le judaïsme afin de commettre leurs crimes. Un autre objectif qu’ils poursuivent est la fusion du sionisme et du judaïsme. La raison est simple : beaucoup de gens ont – à juste titre – des réticences à critiquer les Juifs, non seulement à cause de l’Holocauste, mais aussi à cause des innombrables pogroms qui ont eu lieu dans presque tous les pays européens. En fusionnant le sionisme et le judaïsme, les sionistes se créent un excellent bouclier protecteur.
Tant que les responsables politiques occidentaux refuseront d’établir une distinction claire entre le sionisme, l’État d’Israël et le projet du Grand Israël d’un côté, et le judaïsme en tant que tel de l’autre — et rien n’indique qu’ils soient prêts à le faire —, ce sont les juifs eux-mêmes qui en paieront le prix, pendant que ceux qui instrumentalisent leur identité à des fins politiques continueront d’en tirer profit.
Qui sont les sionistes ?
Le Congrès américain soutient Israël en tant que projet sioniste à hauteur d’environ 5 milliards de dollars par an. Au-delà de cela, les États-Unis apportent à Israël un soutien politique sans réserve pour mener sa guerre, son génocide, sa spoliation des terres et l’asservissement total des populations concernées.
Outre le don considérable et bien connu d’Adelson à Trump, des hordes de politiciens américains sont achetés en masse afin qu’ils s’expriment et votent dans l’intérêt d’Israël. Au sein de l’actuel 119e Congrès américain (532 membres), seuls 32 Juifs sont représentés (6%) ; néanmoins, le Congrès américain, composé à 87 % de chrétiens, vote résolument en faveur du sionisme depuis 1948 (chiffres : Pew Research).
Pour obtenir la majorité au Congrès, il faut 50% plus une voix (266+1) ; ainsi, au moins 235 non-juifs, avec les 32 juifs, déterminent la politique sioniste des États-Unis, ce qui porte la part des sionistes non juifs au Congrès américain à un chiffre stupéfiant de 88%.
Israël n’est rien d’autre qu’un avant-poste américain au Moyen-Orient, instrument d’une domination régionale assumée. La question de savoir si c’est Israël qui contrôle les États-Unis ou l’inverse est, d’un point de vue géopolitique, sans pertinence réelle. Les deux forment un bloc de pouvoir uni dans un même objectif : tenir sous leur emprise l’une des régions les plus riches et les plus stratégiques du monde. La question de la dominance interne à ce bloc ne devient pertinente qu’au moment où l’on cherche à déterminer comment le neutraliser.
Que disent les juifs du sionisme et d’Israël ?
En Occident, notamment en Europe, les gens ignorent totalement qu’il existe de nombreux Juifs qui méprisent et s’opposent au sionisme et au projet israélien. Les non-Juifs, en revanche – comme la chancelière allemande – poursuivent un programme sioniste sans se soucier des conséquences. Cela va si loin que Friedrich Merz promeut et soutient sans condition et sans réserve une attaque israélienne et américaine contre l’Iran, affirmant qu’elle est nécessaire.
Sa complice dans l’incitation à la haine, Marie-Agnes Strack-Zimmermann — qui travaille pour l’industrie de l’armement, soutient toutes les guerres dans le cadre de ses fonctions et n’hésite pas à attiser la haine à une échelle que l’on croyait révolue depuis le nazisme — a déclaré il y a quelques jours sur la chaîne publique ARD :
«L’Iran est un fléau sur cette terre» Marie-Agnes Strack-Zimmermann, 19 mars 2026