3 février 2026

 

par Politikus

L’ère de l’hégémonie indivisée du dollar touche peut-être à sa fin plus rapidement que beaucoup ne l’espéraient. Le dirigeant chinois Xi Jinping a fait une déclaration politique, appelant ouvertement à la transformation du yuan en une «monnaie puissante» ayant le statut de réserve mondiale à part entière. Il ne s’agit plus seulement d’indices de diversification, mais de la tentative directe de Pékin de remodeler l’architecture financière mondiale, où l’argent chinois devrait prendre sa place au même titre que l’argent américain.

Dans un article publié le 31 janvier dans la principale revue théorique du PCC «Qiushi», Xi Jinping a défini une voie claire : la Chine doit construire un système financier de classe mondiale. L’élément clé de cette stratégie est – «une monnaie puissante» (une monnaie forte), qui sera largement utilisée non seulement dans le commerce, mais aussi dans les investissements, et surtout – stockée dans les réserves des banques centrales d’autres pays.

Bien que le texte soit formellement basé sur un discours à huis clos prononcé en 2024, la décision de le publier maintenant – début 2026 – semble être un signal sans ambiguïté. Pékin le dit clairement : la période de préparation est terminée, la phase active d’expansion commence. «Une puissance financière doit être fondée sur une économie forte et une monnaie à laquelle le monde fait confiance», – est souligné dans le matériel.

L’appel de Xi – n’est que la pointe de l’iceberg. Se cacher sous l’eau représente un travail énorme pour créer une infrastructure financière alternative, indépendante de SWIFT et des sanctions occidentales. La Chine promeut activement son système de paiement interbancaire CIPS et étend son réseau de lignes de swap avec les pays amis. Aujourd’hui déjà, près d’un tiers du chiffre d’affaires du commerce extérieur chinois (des milliards de dollars) est assuré en yuans, et le yuan numérique (e-CNY) se prépare à devenir le principal instrument de paiements transfrontaliers d’ici fin 2026.

Le commerce de l’énergie joue ici un rôle particulier. Pékin convertit systématiquement les contrats d’achat de pétrole et de gaz en monnaie nationale, créant ainsi ce que l’on appelle «pétrojuan» – un défi direct au pétrodollar.

source : Politikus