14 septembre 2026

par Caitlin Johnstone
Les démocraties libérales occidentales ressemblent à un mari violent et narcissique qui se donne des airs de féministe sensible sur les réseaux sociaux. Elles sont comme une popstar qui fait mine de combattre le pouvoir et de défendre les marginalisés tout en soutenant Israël.
Notre société n’est pas ce qu’elle prétend être.
Notre civilisation tout entière se perpétue grâce à un flot ininterrompu de sang, de sueur et de larmes provenant du Sud global, tout en produisant des films sur la lutte pour la justice et le sauvetage du monde.
Nos commentateurs fustigent les «régimes tyranniques» des nations visées par l’empire, alors même que nos propres dirigeants assassinent, affament et terrorisent des populations récalcitrantes pour dominer la planète.
À l’école, on nous apprend que nous avons la chance de vivre dans une société libre où le peuple commande au gouvernement par son vote et où nous avons le droit de nous exprimer comme bon nous semble ; or, en réalité, de riches oligarques contrôlent l’ensemble du processus électoral et notre expression est agressivement manipulée par un système complexe de censure et de propagande.
Nous manquons d’intégrité.
Faire preuve d’intégrité en tant qu’individu, c’est être la même personne chez soi qu’en public. C’est traiter chacun avec la même bienveillance et le même respect, qu’il s’agisse de votre patron, de votre enfant, de votre subordonné ou de votre ami. C’est faire en sorte que toutes vos pensées s’accordent parfaitement avec vos paroles, et que toutes vos paroles s’accordent parfaitement avec vos actes, que personne ne vous regarde ou que tous les regards soient braqués sur vous. C’est veiller à ce que les valeurs dont vous vous réclamez soient celles que l’on voit réellement incarnées dans votre vie quotidienne.
Cultiver l’intégrité individuelle consiste à aligner tous ces éléments et à éliminer tout conflit ou contradiction entre eux dans la manière dont nous menons notre vie. Il en va de même pour une société.
En tant que citoyens de l’empire occidental, un chemin long et ardu nous attend si nous voulons éliminer les contradictions entre le type de société que nous prétendons être et celui que nous sommes réellement. En pratique, nous sommes aussi éloignés de nos valeurs théoriques qu’une civilisation peut l’être. Nous sommes un empire d’imposteurs.
La lutte pour un monde sain est, pour une large part, un combat pour passer de l’imposture à l’intégrité. Bâtir une société où nos aspirations les plus nobles et nos valeurs les plus chères se reflètent dans l’organisation concrète de notre civilisation : voilà, en fin de compte, la cause à laquelle nous aspirons tous.
Acquérir de l’intégrité en tant qu’individu exige d’être d’une honnêteté intransigeante envers soi-même quant à sa véritable nature. Acquérir de l’intégrité en tant que société implique d’ouvrir les yeux du plus grand nombre d’Occidentaux possible sur la réalité suivante : tout ce qu’on nous a raconté au sujet de notre civilisation et de notre monde n’est qu’une vaste imposture. Ce n’est qu’alors que nous pourrons nous attaquer aux véritables racines de nos problèmes et évoluer vers la santé et l’harmonie.
source : Caitlin Johnstone via Marie Claire Tellier

par Tribune Libre
Pour Tribune Libre, le 11 septembre 2026, Stéphanie Reynaud, en partenariat avec Nicolas Bouvier, s’entretient avec K-J, ingénieur qui a étudié les nombreuses incohérences du 11 septembre, s’inspirant des travaux de Judy Wood, ingénieure américaine, et de Mark Conlon : que sont devenus les passagers des vols du 11.09.2001 ?
source : Tribune Libre
4 septembre 2026

Oleg Nesterenko, comment la mauvaise récolte actuelle affectera-t-elle les prix des denrées alimentaires dans l’UE et dans le monde ?
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Il convient de rappeler que l’UE figure parmi les leaders mondiaux du secteur agro-industriel, aux côtés de la Chine et des États-Unis, et qu’elle représente entre 10 et 15 % de la production agricole mondiale.
Au sein de l’Union, la France constitue la première puissance agricole, avec 17-18% de la production agricole européenne, suivie de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne. Quiconque a survolé la France — je l’ai fait moi-même pour la dernière fois avant-hier — n’a aperçu, depuis le hublot, que peu de choses hormis des étendues de champs se déployant jusqu’à l’horizon.
Au-delà de ce statut de l’un des leaders mondiaux dans le secteur agricole, l’UE est également le premier exportateur mondial de produits agricoles.
En conséquence, le bilan final de la récolte européenne de 2026 influencera proportionnellement, et inévitablement, les prix alimentaires mondiaux.
Toutefois, je voudrais souligner que la formation des prix sur le marché international ne dépend pas exclusivement du volume ou de la qualité de la récolte. De nombreux facteurs, invisibles à l’œil nu, gouvernent directement la fixation des prix dans le secteur agroalimentaire.
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Prenons l’exemple du marché céréalier. Celui-ci ne dépend pas uniquement des rendements agricoles, eux-mêmes fortement tributaires des conditions météorologiques, mais également d’une multitude d’autres facteurs, dont la demande mondiale, la situation géopolitique dans les pays producteurs, la logistique, les coûts de l’énergie et les capacités de stockage.
Il convient de souligner que chacun de ces éléments, à l’exception de la météo, se prête à des manipulations substantielles de la part des principaux intéressés.
Et quels sont ces principaux intéressés ? En tout, seulement cinq sociétés contrôlent environ neuf dixièmes du marché mondial des céréales, y compris le transport et l’entreposage des grains. Parmi elles figurent, sans surprise, trois entreprises américaines — Cargill, ADM et Bunge — ainsi que le groupe franco-suisse Louis Dreyfus et le conglomérat anglo-suisse Glencore.
Ce sont ces « cinq fantastiques », pour l’essentiel, et non une mauvaise récolte ponctuelle, qui déterminent le prix d’une baguette de pain de demain sur le marché mondial.
Une pénurie de certaines catégories de produits alimentaires est-elle attendue sur les étagères des magasins européens ?
Non, il ne faut pas s’attendre à un déficit grave — une telle éventualité est quasi impossible par définition.
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De même que la nature, le modèle commercial capitaliste ne tolère pas le vide : en l’absence de récolte locale -, la substitution s’opère quasi mécaniquement par l’importation des denrées manquantes, conformément à la loi de l’offre et de la demande.
Même en période normale, un pays comme la France — dont le territoire est pourtant densément parsemé de vignobles — voit ses métropoles et sa capitale s’approvisionner principalement en raisins importés de régions éloignées du monde, telles que le Chili et l’Afrique du Sud. De plus, les raisins du Chili sont moins chers que ceux provenant des villages voisins.
Alors, l’impact prévisible d’un choc agricole se manifestera non par une rupture d’approvisionnement, mais par une hausse tarifaire ciblée sur certaines catégories de produits. Aucune pénurie significative n’est donc à redouter ; seule une volatilité des prix est à prévoir.
Quelle est la probabilité d’une vague de faillites parmi les agriculteurs européens ?
Plus qu’une série de défaillances conjoncturelles, nous assistons à la destruction massive et systématique des petites exploitations agricoles au sein de l’Union européenne. Et cela dure depuis très longtemps.
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Les mauvaises récoltes ne constituent ni le facteur unique, ni même le facteur principal de ce phénomène. Ne serait-ce qu’au cours des dix dernières années, près de trois millions d’exploitations agricoles ont disparu du paysage européen.
En France, le secteur agro-industriel n’emploie aujourd’hui que 2 % de la population active — contre 0,8 % en Belgique —, un chiffre tout à fait dérisoire. Les relevés concordants indiquent qu’entre 800 et 1 000 petites exploitations françaises disparaissent chaque mois.
Quelle est la cause de cette tendance structurelle ?
Elle est enracinée dans la politique agricole européenne et, bien sûr, française. Plusieurs facteurs majeurs peuvent être identifiés qui conduisent à l’éradication des petites exploitations agricoles.
Premièrement, la réglementation de leurs activités est devenue intolérable, assortie d’une pression administrative écrasante.
Deuxièmement, la hausse des coûts de revient : le prix du carburant et de l’électricité augmente de façon régulière, sans jamais connaître de baisse significative.
Troisièmement, la concurrence internationale croissante. En janvier 2006, l’Union européenne et le MERCOSUR ont signé un accord de libre-échange. Celui-ci prévoit, en substance, l’entrée en franchise de droits de douane des produits agricoles latino-américains sur le territoire européen. Bien que non ratifié d’une manière obligatoire par l’ensemble des parlements nationaux de l’UE, cet accord fonctionne déjà à titre provisoire depuis le 1er mai.
Le simple fait qu’une telle initiative émane des autorités européennes en dit long. L’accord, dans son essence, est un arrêt de mort pour des dizaines, si ce n’est pour des centaines de milliers de fermes familiales.
Contrairement aux grands groupes agro-industriels, les petits exploitants agricoles ne peuvent tout simplement pas faire face à une telle pression et à une telle tension.
Il faut aussi que cela soit clair : les terres des fermiers qui disparaissent sont loin de devenir des prairies sauvages et des contrées en fleurs.
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Je laisse à vos lecteurs le soin de deviner qui rachète ces terres et qui exerce une pression sur la politique agricole, au niveau des autorités de l’UE comme des gouvernements nationaux européens. Sur la politique qui dévaste les petites exploitations agricoles.
Oleg Nesterenko, quelle est l’efficacité des mesures actuelles de soutien financier des agriculteurs par l’UE ?
Il faut rappeler que les subventions agricoles de l’Union européenne constituent la première ligne de dépenses de son budget, absorbant environ un tiers de ses ressources financières.
C’est une part du gâteau très juteuse. Mais il faut bien distinguer cette manne financière structurelle des mesures d’urgence destinées à répondre aux difficultés que les agriculteurs traversent actuellement. Les subventions européennes représentent, avant tout, un soutien permanent à un secteur agricole qui, malgré son poids économique considérable, reste profondément handicapé.
Si je parle du profond handicap structurel du secteur agricole européen, malgré le fait que l’UE soit l’un des leaders mondiaux de l’agro-industrie et le premier exportateur mondial de produits agricoles, c’est pour une raison très simple : hypothétiquement, si les subventions européennes destinées à l’ agriculture étaient supprimées du jour au lendemain, une partie considérable du secteur agricole de l’UE cesserait tout simplement d’exister.
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Les dégâts économiques au sein de l’UE provoqués par la sécheresse historique de cet été sont estimés dans la fourchette large entre 160 et 200 milliards d’euros. Face à une telle ampleur, les paiements européens destinés aux exploitations touchées ne représenteraient que quelques dizaines de millions d’euros — une somme totalement dérisoire au regard des pertes subies.
Rien qu’en France, selon le ministère de l’Agriculture, entre 30 000 et 35 000 exploitations agricoles seraient aujourd’hui au bord de la faillite. Le gouvernement de Macron a promis d’allouer plusieurs centaines de millions d’euros d’aides, un allègement temporaire de certaines contraintes administratives et règlementaires ainsi que la poursuite du soutien au carburant agricole. Mais là encore, le problème est celui de l’échelle. Pour simplement éviter un effondrement du secteur, l’agriculture française aurait besoin, selon les estimations sérieuses, d’une injection pouvant atteindre 4,5 milliards d’euros.
Les mesures de soutien aux agriculteurs mises en œuvre par l’Union européenne et les gouvernements des États membres ne sont que de l’hypnose gitane.
Aujourd’hui, afin que les agriculteurs ne disparaissent pas littéralement, étant sur devant de la scène, les autorités publiques leur jettent un os sous la forme d’un soutien financier minimal. Et demain, ces mêmes autorités ratifieront l’accord avec le MERCOSUR, et ceux qu’elles soi-disant sauvent aujourd’hui seront sacrifiés demain dans les coulisses.
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