29 janvier 2026

Moon of Alabama donne son point de vue argumenté sur l’actuelle menace de guerre entre en Iran, pays contre lequel les États-Unis massent des forces aéronavales considérables.
Comme l’observe Moon of Alabama, la situation est très différente de celle de la précédente guerre dite des «12 jours» qui avait vu l’Iran attaqué par surprise le 13 juin 2025 alors que des négociations étaient en cours avec les États-Unis et une rencontre de diplomates programmée.
Certains diront que la précédente guerre avait été initiée par le régime sioniste et que Donald Trump y a mis fin en bombardant des objectifs en Iran et en acceptant des représailles iraniennes limitées sur une base américaine au Qatar.
Ce qui correspond sans doute plus à la réalité, c’est que l’attaque sioniste contre l’Iran avait été concertée avec les États-Unis et que c’est la façon dont elle a mal tourné pour le régime sioniste qui a incité Trump à siffler la fin de la partie.
Aujourd’hui, il n’est plus question d’effet de surprise : l’Iran est prévenu et s’est préparé à l’éventualité d’une nouvelle attaque dès le lendemain de la guerre des 12 jours.
Aux offres de négociation formulées par les États-Unis l’Iran a opposé une fin de non recevoir : le gouvernement iranien ne pliera pas devant la menace et ripostera massivement s’il est attaqué même d’une manière prétendument symbolique. Il bombardera l’entité sioniste même si cette dernière n’est pas directement impliquée aux côtés des Américains.
C’est logique car une éventuelle guerre américaine contre l’Iran serait aussi et surtout une guerre dans l’intérêt de l’entité coloniale.
Moon of Alabama examine le scénario qu’il estime plausible en cas de déclenchement des hostilités par l’armée américaine tout en souhaitant que Trump prenne la bonne décision qui consisterait à rappeler son armada.
Cette dernière hypothèse peut être estimée comme valable si on veut bien comprendre que l’offensive militaire devait intervenir après que les troubles fomentés par des agents du Mossad et de la CIA avaient pour but d’affaiblir le régime au point que le pays tomberait comme un fruit mur entre les mains des forces américaines avec ou sans l’adjonction des forces de l’entité sioniste.
Cette partie du plan a échoué, ce qui écarte le scénario de la promenade de santé et accroît le risque de pertes américaines importantes voire d’une défaite.
À quoi il faut ajouter le risque en politique interne que prendrait Trump en provoquant une guerre.
Mounadil al Djazaïri
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Trump veut gagner – mais l’Iran n’est pas une cible facile
par Moon of Alabama
Monsieur Dingo vient de proférer une nouvelle menace, désormais une routine :
«Donald J. Trump @realDonaldTrump – Jan 28, 2026, 12 :12 UTC
Une immense armada se dirige vers l’Iran. Elle avance rapidement, avec puissance, enthousiasme et détermination. Cette flotte, menée par le porte-avions Abraham Lincoln, est plus importante que celle envoyée au Venezuela. Comme pour le Venezuela, elle est prête à accomplir sa mission rapidement, avec violence si nécessaire. Espérons que l’Iran acceptera rapidement de négocier un accord juste et équitable – PAS D’ARMES NUCLÉAIRES – qui soit bénéfique pour toutes les parties. Le temps presse, c’est crucial ! Comme je l’ai déjà dit à l’Iran : négociez ! Ils ont refusé, et l’«Opération Marteau de Minuit» a entraîné des destructions majeures dans le pays. La prochaine attaque sera bien pire ! Ne laissez pas cela se reproduire. Merci de votre attention. DONALD J. TRUMP»
Il est bien connu que l’Iran ne souhaite pas se doter de l’arme nucléaire. Un décret religieux le stipule même. L’Iran avait négocié un accord nucléaire avec les États-Unis garantissant qu’il ne disposerait pas des moyens de fabriquer des armes nucléaires. C’est Trump qui a dénoncé [unilatéralement sans consulter ni l’Iran ni les autres signataires dont la France, NdT] cet accord lors de son premier mandat.
Nous savons donc que la question nucléaire n’est pas le véritable enjeu. Il s’agit de la position anticoloniale générale de l’Iran et, plus particulièrement, de sa résistance constante à l’occupation sioniste de la Palestine.
Toute tentative de modifier par la force la position idéologique de longue date de l’Iran est probablement vouée à l’échec.
Ces derniers mois, l’armée américaine a renforcé sa présence au Moyen-Orient. Une flotte de porte-avions est en position (archive), plusieurs escadrons d’avions de combat américains et britanniques ont été déployés en Jordanie et au Qatar, et des systèmes de défense aérienne THAAD et Patriot ont été positionnés pour renforcer la défense aérienne. Des destroyers américains se trouvent en Méditerranée pour appuyer la défense aérienne israélienne. Une attaque contre l’Iran serait principalement menée à l’aide de missiles de croisière tirés depuis l’extérieur de l’espace aérien iranien. Elle impliquerait également des bombardiers à long rayon d’action basés aux États-Unis.
Des exercices militaires américains sont en cours.
L’Iran est cependant prêt. Il a renforcé ses forces de missiles et a promis de les utiliser contre les positions américaines au Moyen-Orient et contre Israël en représailles à toute attaque. Il a également promis de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante de l’approvisionnement mondial en pétrole. Une fermeture sélective, permettant par exemple le passage des pétroliers à destination de la Chine, est également envisageable. Mais même une fermeture partielle et prolongée entraînerait une flambée soudaine des prix du pétrole et du gaz dans le monde entier, et réduirait les chances de victoire des Républicains aux élections de mi-mandat.
Les principaux alliés arabes des États-Unis au Moyen-Orient ont refusé de participer à toute intervention américaine contre l’Iran. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar ont clairement indiqué qu’ils n’autoriseraient aucune opération américaine contre l’Iran menée depuis ou à travers leur territoire.
La dernière attaque américaine contre l’Iran a surpris tout le monde, alors que des négociations étaient encore en cours. Elle s’est accompagnée d’une campagne d’assassinats ciblés et de l’intervention d’équipes locales sur le terrain qui ont saboté les équipements de défense anti-aérienne iraniens.
Il est douteux qu’une telle surprise puisse être rééditée.
En représailles à l’attaque, l’Iran avait lancé des drones et des missiles vers Israël. Les premières salves n’avaient causé que peu de dégâts, mais durant les douze jours qu’a duré la guerre, les missiles iraniens ont régulièrement touché des cibles sensibles en Israël. Les États-Unis et Israël, confrontés à des faiblesses en matière de défense aérienne, durent alors impérativement mettre fin au conflit.
La riposte iranienne à une nouvelle attaque sera immédiate, précise et efficace. Durant les premiers jours, la défense aérienne américaine contribuera à limiter les dégâts. Mais après une ou deux semaines, les inquiétudes concernant la disponibilité des munitions entraîneront probablement une diminution des interceptions de missiles. Les vulnérabilités d’Israël – installations portuaires, industrie chimique, etc. – sont bien connues et faciles à atteindre. Les navires américains à portée de l’Iran sont également menacés.
Le conflit qui se profile a peu de chances d’être aussi bref que la récente campagne de douze jours. Il pourrait facilement dégénérer en guerre d’usure. Contrairement à l’Iran, Israël possède l’arme nucléaire et pourrait être enclin à l’utiliser. Mais compte tenu de la taille et de la population importantes de l’Iran, ce pays subira probablement des dommages considérables mais sortir de la guerre en vainqueur.
Ce que Trump veut, c’est une nouvelle victoire symbolique. Comme à son habitude, il a commencé par une menace colossale dans l’espoir d’obtenir une concession mineure qui lui permettrait de se défiler. Je doute que l’Iran soit disposé à lui accorder ce qu’il demande.
Il n’a donc d’autre choix que de se dégonfler sans avoir gagné ou de tout miser, y compris sa présidence, sur une escalade du conflit.
Puisse-t-il faire le bon choix.
source : Moon of Alabama via Mounadil al Djazaïri
